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Interview avec Gabriel Soucheyre, Directeur du festival Vidéoformes

Vidéoformes : 40 ans d’avant-garde artistique à Clermont-Ferrand

Vidéoformes est bien plus qu’un festival : c’est un laboratoire d’exploration artistique où se rencontrent les technologies numériques et la création contemporaine. Pour sa 40e édition, nous avons rencontré Gabriel Soucheyre, son directeur, afin de mieux comprendre son évolution et son impact sur la scène artistique.

Par LVDA

Vidéoformes : 40 ans d’avant-garde artistique à Clermont-Ferrand

Vidéoformes est bien plus qu’un festival : c’est un laboratoire d’exploration artistique où se rencontrent les technologies numériques et la création contemporaine. Pour sa 40e édition, nous avons rencontré Gabriel Soucheyre, son directeur, afin de mieux comprendre son évolution et son impact sur la scène artistique.

Pouvez-vous présenter Vidéoformes à ceux qui ne connaissent pas encore le festival ?

Vidéoformes est un festival clermontois à dimension internationale. Il vise à présenter au public clermontois des artistes du monde entier qui s’inscrivent dans le champ des arts hybrides. Ce terme regroupe toutes les formes d’art contemporain qui intègrent les technologies numériques : spectacle vivant, danse, musique, peinture, cinéma, installations immersives, intelligence artificielle, réalité virtuelle… Nous explorons ces nouvelles formes artistiques et les partageons avec le public.

Comment le festival a-t-il évolué depuis sa création ?

Vidéoformes a toujours cherché à être à l’avant-garde et à suivre les évolutions technologiques, notamment en observant comment les artistes s’en emparent. L’art n’a jamais été étranger à la technologie ; il a toujours évolué avec de nouveaux outils, parfois détournés, comme la télévision en son temps.

Nous repérons des artistes, nous les aidons à présenter leurs œuvres et, parfois, nous les accompagnons dans la production en trouvant des financements pour leurs projets.

Comment imaginez-vous l’avenir du festival ?

Il évoluera avec les technologies, notamment l’intelligence artificielle, qui occupe déjà une place importante dans les œuvres présentées. Toutefois, nous considérons l’IA comme un outil et non comme un substitut à l’intelligence ou à la sensibilité de l’artiste.

Les œuvres que nous exposons sont dirigées par des artistes qui utilisent ces technologies pour enrichir leur travail. Depuis toujours, les artistes s’approprient de nouveaux outils pour repousser les limites de leur art. L’IA va certainement transformer certains métiers, mais notre objectif est de comprendre ces évolutions et d’aider le public à y réfléchir à travers nos choix artistiques.

Pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand comme ancrage territorial ?

Cela remonte à loin. Dans les années 1970, Clermont-Ferrand était marquée par une forte sensibilité au cinéma d’art et d’essai, notamment expérimental. Certains ont créé le Festival du Court Métrage, d’autres le festival du documentaire Traces de Vie. De notre côté, nous nous sommes orientés vers les formes artistiques les plus expérimentales et inattendues.

À cette époque, la décentralisation laissait espérer que des initiatives culturelles pourraient voir le jour en région et apporter aux villes moyennes ce qui était jusque-là réservé aux grandes métropoles.

Chapitre 2 : L’art numérique et son impact sur notre rapport au monde

En quoi l’art numérique transforme-t-il notre rapport au monde et au territoire ?

Le numérique a créé un univers parallèle, qu’on le veuille ou non. Certaines personnes se sentent aujourd’hui exclues parce qu’elles ne maîtrisent pas ces outils, et il faudrait davantage penser à elles.

Le numérique permet d’aller toujours plus vite, parfois trop vite, alors qu’il est essentiel de savoir s’arrêter pour réfléchir. En même temps, il offre aux artistes de nouvelles manières de s’exprimer et d’apporter des réponses aux questions que l’on se pose, qu’elles soient intimes ou sociétales.

L’artiste, tout comme le scientifique, émet des hypothèses sur le monde. Observer leur travail peut nous aider à mieux comprendre notre avenir.

Quelles sont les grandes tendances actuelles dans l’art numérique et leur influence sur la création contemporaine ?

Aujourd’hui, les pouvoirs publics s’intéressent beaucoup aux formes immersives, comme ils s’étaient autrefois tournés vers l’interactivité. Mais l’immersion ne dépend pas seulement des nouvelles technologies : un livre peut tout autant immerger son lecteur.

Les nouvelles formes artistiques permettent d’explorer des espaces virtuels, des paysages inaccessibles physiquement. Elles offrent également des interactions avec l’intelligence artificielle. Toutefois, ce sont toujours les artistes qui définissent les règles du jeu : une IA ne fait que répondre aux instructions qu’on lui donne.

Voyez-vous un lien entre l’essor de l’IA et l’émergence de nouveaux formats artistiques ?

Nous en sommes aux prémices, mais des œuvres fascinantes émergent. Par exemple, en 2021, nous avons produit une pièce basée sur l’histoire vraie d’un jeune homme autiste, rejeté par l’école et ayant grandi sur Internet. Ce dernier a développé une centaine de personnages fictifs, dont un jihadiste. L’un de ces personnages, supposé australien, l’a entraîné dans un complot… avant de se révéler être un agent du FBI.

L’artiste qui travaille sur ce projet a accumulé des milliers de pages de documentation et a fait appel à une IA pour les classer et en extraire les idées principales. Il utilise également l’IA pour transformer ces données en images et en sons, qui seront projetés dans une chapelle sous forme d’installation immersive.

Cette œuvre soulève des questions essentielles : sur l’autisme, l’influence des contenus en ligne sur les jeunes, la surveillance des données et les impacts sociétaux de l’IA.

Chapitre 3 : L’impact local de Vidéoformes

En quoi Vidéoformes contribue-t-il au rayonnement culturel et économique de Clermont-Ferrand et de l’Auvergne ?

En organisant une manifestation annuelle en mars, nous générons des retombées économiques : hébergements, restaurants, constructeurs d’expositions, intermittents du spectacle… Nous employons actuellement une quarantaine de personnes, en plus des bénévoles et des services civiques.

Culturellement, nous apportons à Clermont-Ferrand des artistes habituellement visibles dans de grandes métropoles comme Paris ou Marseille, ou à l’étranger. Nous avons un public fidèle et nombreux, ce qui est remarquable pour une ville de 350 000 habitants.

Nous menons aussi des actions dans les collèges, lycées et médiathèques, afin de sensibiliser les jeunes publics aux arts numériques.

Aujourd’hui, organiser un tel événement hors des grandes métropoles est-il un défi ?

Oui, c’est un combat permanent. La décentralisation culturelle n’est pas toujours évidente, et certaines scènes sont sous-financées. Pourtant, Clermont-Ferrand est une ville généreuse en matière culturelle : presque tous nos accès sont gratuits ou à prix très réduit.

Nous faisons aussi attention à notre empreinte écologique : nous limitons les impressions papier et privilégions les supports numériques, tout en minimisant notre recours aux IA qui consomment énormément d’énergie.

Comment le numérique change-t-il le rôle du spectateur dans l’expérience artistique ?

Le numérique rend le spectateur plus actif. Avec la réalité virtuelle, il doit enfiler un casque et s’immerger dans l’œuvre. Avec la réalité augmentée, il interagit avec des objets invisibles à l’œil nu.

Cette interactivité illustre une métaphore plus large : chaque spectateur projette sa propre interprétation dans une œuvre, selon son âge, son vécu ou son état d’esprit du moment.

Comment rendez-vous l’art numérique accessible au plus grand nombre ?

Nous développons des outils de médiation numérique et menons des actions auprès des scolaires et des médiathèques. Les jeunes sont des natifs numériques, mais ils ne sont pas toujours conscients des enjeux de ces technologies. L’éducation est essentielle pour leur permettre d’utiliser ces outils avec discernement.

L’intervention d’artistes en milieu scolaire est particulièrement efficace : ils ont une écoute que les enseignants n’ont parfois plus auprès des élèves.

Un message pour l’avenir

Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste souhaitant se lancer dans l’art numérique ?

Apprenez l’histoire de l’art. Connaître les formes d’expression et les outils du passé permet d’aller plus loin. L’innovation vient souvent d’un approfondissement du travail des prédécesseurs.

Comment résumeriez-vous l’impact que Vidéoformes souhaite avoir sur le monde de demain ?

Nous nous efforçons d’être un laboratoire de recherche artistique en mouvement, un lieu d’expérimentation et de réflexion sur l’avenir.

Rendez-vous du 13 au 30 mars pour la 40e édition de Vidéoformes !

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