À la tête de l’Office de Tourisme et des Congrès de Caen la Mer depuis huit ans, Emmanuelle Hardouin incarne une vision exigeante et raisonnée du développement touristique. Entre identité maritime, patrimoine mémoriel et ancrage durable, elle nous livre sa vision d’une destination en pleine dynamique.
« Je travaille dans le tourisme institutionnel depuis une vingtaine d’années », raconte Emmanuelle Hardouin. Issue d’un parcours littéraire, elle choisit très tôt de se tourner vers le développement territorial : « Je me suis vite rendu compte que la voie de l’enseignement n’était sans doute pas faite pour moi. J’ai eu la chance de suivre un DESS en développement territorial en alternance à la Chambre de commerce de Caen. »
Une première expérience dans un office de tourisme du littoral normand l’amène à découvrir l’ensemble des métiers de la filière.
De poste en poste, elle gravit les échelons jusqu’à la direction : « J’ai démarré tout en bas de l’échelle et j’ai pu évoluer au fil des années. »
En 2017, la loi NOTRe redistribue les cartes : la compétence tourisme passe aux intercommunalités. L’occasion, pour elle, de prendre la tête d’un nouvel office né de la fusion des structures existantes, à l’échelle de la communauté urbaine de Caen la Mer. « C’était à la fois un projet professionnel stimulant et un engagement personnel fort, car il réunissait ma ville de cœur, Ouistreham Riva Bella, et ma ville de résidence, Caen. »
« Aujourd’hui, le développement touristique est une des clés du développement économique local », affirme-t-elle.
Sur un territoire historiquement industriel et universitaire, le tourisme s’impose progressivement comme un levier d’attractivité et de vitalité.
Mais Emmanuelle Hardouin défend une vision claire : pas de tourisme de masse, mais un tourisme raisonné et raisonnable.
« Nous cherchons avant tout à étaler les flux dans le temps, à développer un tourisme qui soit équilibré et bénéfique pour tous — visiteurs, acteurs économiques et habitants. »
Cette approche s’inscrit pleinement dans le projet de territoire de Caen la Mer, qui revendique désormais son ouverture sur la mer et sa qualité de vie comme marqueurs identitaires.
« Caen est une grande ville les pieds dans l’eau. Peu de métropoles françaises peuvent revendiquer cette proximité. Il faut cultiver cette singularité », explique-t-elle.
La destination repose sur trois piliers identitaires :
Le maritime, d’abord : « Le littoral, la plaisance, les activités nautiques, mais aussi l’architecture, la lumière et la culture maritime forment l’ADN de notre territoire. »
Le mémoriel, ensuite : la Normandie du Débarquement et de la mémoire vivante.
« Notre territoire correspond au début des plages du Débarquement. Le tourisme de mémoire, c’est une mémoire vive, encore partagée par les habitants. »
Le patrimoine historique et architectural, enfin :
« Contrairement à l’image que l’on s’en fait, Caen n’a pas été totalement détruite en 1944. C’est une ville médiévale, avec un cœur historique préservé. »
À ces trois piliers s’ajoutent la gastronomie et les savoir-faire : marchés, produits de la mer, fromages, chefs étoilés, artisans…
« La gastronomie, c’est un point d’entrée universel, une fierté locale et un moteur de convivialité. »
Sur le plan de la communication, la stratégie repose sur la cohérence et la co-construction.
L’Office de Tourisme privilégie une communication inspirante, ancrée dans la réalité du territoire :
« Notre site web est une véritable vitrine vivante, mise à jour au fil des saisons et de l’actualité. Chaque contenu est pensé pour valoriser la diversité de l’offre et renvoyer vers la réservation en ligne. »
Les réseaux sociaux et la newsletter complètent le dispositif, avec pour objectif de fidéliser la clientèle française, tout en développant de nouveaux marchés (Canada, Espagne, Italie, Benelux…).
« Notre clientèle reste majoritairement française, mais on constate une vraie progression de la clientèle méditerranéenne et nord-américaine. »
Emmanuelle Hardouin insiste sur un point : le développement durable ne doit pas être un slogan.
« On ne peut pas parler de tourisme responsable sans le prouver. Nous avons choisi d’obtenir la certification Green Destinations, avec une feuille de route claire et un référentiel exigeant. »
La démarche, amorcée par le segment du tourisme d’affaires, s’étend désormais à l’ensemble des socioprofessionnels :
« Notre ambition est collective. Nous accompagnons les acteurs locaux, nous les formons, nous créons une dynamique commune. La légitimité de notre destination repose sur cette cohérence d’ensemble. »
La Normandie porte une mémoire puissante, mais loin d’être figée.
« Le tourisme de mémoire se renouvelle sans cesse. Ce n’est pas le sujet qui change, mais la manière de le transmettre. »
Le Mémorial de Caen en est un exemple : collections enrichies, médiation modernisée, partenariats renforcés.
L’innovation s’exprime aussi à travers de nouveaux formats : applications immersives, parcours à vélo guidés par des historiens, expériences sensorielles.
« Nous avons été précurseurs avec l’application Le Soldat Léon, qui proposait de la vidéo immersive à 360°. Aujourd’hui encore, elle rencontre un vrai succès. »
2025 a marqué une année exceptionnelle : le millénaire de la ville de Caen.
« Une année entière de célébrations, des temps forts spectaculaires comme la parade opératique, qui a réuni 150 000 personnes, ou le spectacle Aquanauts, mêlant cirque aérien et performances aquatiques. »
Pour la suite, les projets ne manquent pas :
renouvellement de la certification durable avec l’objectif d’obtenir le label Or,
poursuite de l’accompagnement des acteurs locaux,
préparation des célébrations du millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant en 2027.
Pour conclure, Emmanuelle Hardouin résume l’esprit de Caen la Mer en un mot : liberté.
« La liberté, c’est l’ADN du territoire : la liberté gagnée ici, historiquement, mais aussi la liberté de choisir son expérience, de passer de la mer à la ville, de la culture à la nature. Ici, on est libre, tout simplement. »
Par LVDA
À la tête de l’Office de Tourisme et des Congrès de Caen la Mer depuis huit ans, Emmanuelle Hardouin incarne une vision exigeante et raisonnée du développement touristique. Entre identité maritime, patrimoine mémoriel et ancrage durable, elle nous livre sa vision d’une destination en pleine dynamique.
« Je travaille dans le tourisme institutionnel depuis une vingtaine d’années », raconte Emmanuelle Hardouin. Issue d’un parcours littéraire, elle choisit très tôt de se tourner vers le développement territorial : « Je me suis vite rendu compte que la voie de l’enseignement n’était sans doute pas faite pour moi. J’ai eu la chance de suivre un DESS en développement territorial en alternance à la Chambre de commerce de Caen. »
Une première expérience dans un office de tourisme du littoral normand l’amène à découvrir l’ensemble des métiers de la filière.
De poste en poste, elle gravit les échelons jusqu’à la direction : « J’ai démarré tout en bas de l’échelle et j’ai pu évoluer au fil des années. »
En 2017, la loi NOTRe redistribue les cartes : la compétence tourisme passe aux intercommunalités. L’occasion, pour elle, de prendre la tête d’un nouvel office né de la fusion des structures existantes, à l’échelle de la communauté urbaine de Caen la Mer. « C’était à la fois un projet professionnel stimulant et un engagement personnel fort, car il réunissait ma ville de cœur, Ouistreham Riva Bella, et ma ville de résidence, Caen. »
« Aujourd’hui, le développement touristique est une des clés du développement économique local », affirme-t-elle.
Sur un territoire historiquement industriel et universitaire, le tourisme s’impose progressivement comme un levier d’attractivité et de vitalité.
Mais Emmanuelle Hardouin défend une vision claire : pas de tourisme de masse, mais un tourisme raisonné et raisonnable.
« Nous cherchons avant tout à étaler les flux dans le temps, à développer un tourisme qui soit équilibré et bénéfique pour tous — visiteurs, acteurs économiques et habitants. »
Cette approche s’inscrit pleinement dans le projet de territoire de Caen la Mer, qui revendique désormais son ouverture sur la mer et sa qualité de vie comme marqueurs identitaires.
« Caen est une grande ville les pieds dans l’eau. Peu de métropoles françaises peuvent revendiquer cette proximité. Il faut cultiver cette singularité », explique-t-elle.
La destination repose sur trois piliers identitaires :
Le maritime, d’abord : « Le littoral, la plaisance, les activités nautiques, mais aussi l’architecture, la lumière et la culture maritime forment l’ADN de notre territoire. »
Le mémoriel, ensuite : la Normandie du Débarquement et de la mémoire vivante.
« Notre territoire correspond au début des plages du Débarquement. Le tourisme de mémoire, c’est une mémoire vive, encore partagée par les habitants. »
Le patrimoine historique et architectural, enfin :
« Contrairement à l’image que l’on s’en fait, Caen n’a pas été totalement détruite en 1944. C’est une ville médiévale, avec un cœur historique préservé. »
À ces trois piliers s’ajoutent la gastronomie et les savoir-faire : marchés, produits de la mer, fromages, chefs étoilés, artisans…
« La gastronomie, c’est un point d’entrée universel, une fierté locale et un moteur de convivialité. »
Sur le plan de la communication, la stratégie repose sur la cohérence et la co-construction.
L’Office de Tourisme privilégie une communication inspirante, ancrée dans la réalité du territoire :
« Notre site web est une véritable vitrine vivante, mise à jour au fil des saisons et de l’actualité. Chaque contenu est pensé pour valoriser la diversité de l’offre et renvoyer vers la réservation en ligne. »
Les réseaux sociaux et la newsletter complètent le dispositif, avec pour objectif de fidéliser la clientèle française, tout en développant de nouveaux marchés (Canada, Espagne, Italie, Benelux…).
« Notre clientèle reste majoritairement française, mais on constate une vraie progression de la clientèle méditerranéenne et nord-américaine. »
Emmanuelle Hardouin insiste sur un point : le développement durable ne doit pas être un slogan.
« On ne peut pas parler de tourisme responsable sans le prouver. Nous avons choisi d’obtenir la certification Green Destinations, avec une feuille de route claire et un référentiel exigeant. »
La démarche, amorcée par le segment du tourisme d’affaires, s’étend désormais à l’ensemble des socioprofessionnels :
« Notre ambition est collective. Nous accompagnons les acteurs locaux, nous les formons, nous créons une dynamique commune. La légitimité de notre destination repose sur cette cohérence d’ensemble. »
La Normandie porte une mémoire puissante, mais loin d’être figée.
« Le tourisme de mémoire se renouvelle sans cesse. Ce n’est pas le sujet qui change, mais la manière de le transmettre. »
Le Mémorial de Caen en est un exemple : collections enrichies, médiation modernisée, partenariats renforcés.
L’innovation s’exprime aussi à travers de nouveaux formats : applications immersives, parcours à vélo guidés par des historiens, expériences sensorielles.
« Nous avons été précurseurs avec l’application Le Soldat Léon, qui proposait de la vidéo immersive à 360°. Aujourd’hui encore, elle rencontre un vrai succès. »
2025 a marqué une année exceptionnelle : le millénaire de la ville de Caen.
« Une année entière de célébrations, des temps forts spectaculaires comme la parade opératique, qui a réuni 150 000 personnes, ou le spectacle Aquanauts, mêlant cirque aérien et performances aquatiques. »
Pour la suite, les projets ne manquent pas :
renouvellement de la certification durable avec l’objectif d’obtenir le label Or,
poursuite de l’accompagnement des acteurs locaux,
préparation des célébrations du millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant en 2027.
Pour conclure, Emmanuelle Hardouin résume l’esprit de Caen la Mer en un mot : liberté.
« La liberté, c’est l’ADN du territoire : la liberté gagnée ici, historiquement, mais aussi la liberté de choisir son expérience, de passer de la mer à la ville, de la culture à la nature. Ici, on est libre, tout simplement. »
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